Communiqué de presse. Privatisation des services publics

Communiqué de Marylise Lebranchu

J’ai toujours regretté la privatisation de la station d’épuration de Morlaix. Nous savons maintenant que les technologies sont connues, maitrisées et que nos personnels communaux ont la capacité de suivre leurs évolutions.

L’eau est un bien essentiel et nous aurons sans doute à légiférer à nouveau pour que chacun y ait accès. Depuis des décennies les grands groupes ont un quasi monopole, au point d’ailleurs d’attirer les soupçons de la Commission Européenne sur des ententes. Dans notre région, nous avons observé des quasi-partages de territoire. Il n’est plus acceptable de dire que le prix de l’eau, confiée en production et en gestion à un groupe, est forcement moins cher. Nous savons tous, qu’au delà des charges d’exploitation, il faut rémunérer les actionnaires des groupes et la distribution des dividendes n’est possible que si l’usager en paye le prix.

Beaucoup de communes ou de groupes de communes en régie ont démontré que la différence vient bien de la lourdeur des charges de structure du privé et de la rémunération forte des actionnaires. Il n’y aurait pas eu de création d’empires à forte rentabilité si le prix de l’eau et de l’assainissement avait été calculé au plus juste.

Le choix du privé est d’abord un choix politique, parfois un choix de confort. La gestion directe est plus exigeante. Les baisses de prix annoncées sur tous les renouvellements de contrat sont scandaleuses puisqu’elles montrent que la part du profit était donc très forte ces dernières années.

Il en va de même des parkings. Les socialistes se sont opposés car le recours au privé pour faire baisser la dette est un leurre. En effet, s’il n’y a pas d’emprunt à négocier, il y a une dette à rembourser chaque année qui équivaut à la somme d’un remboursement d’emprunt plus le coût du  fonctionnement. Et quand je dis qui équivaut, ce n’est pas exact puisque le groupe Vinci, sur les parkings de Morlaix comme ailleurs, prélèvera aussi une part destinée à rémunérer ses actionnaires.

Gérer des parkings n’est pas un exercice impossible pour des fonctionnaires. Nos ingénieurs techniques et financiers ont bien souvent la même formation que ceux du privé. Leur capacité de réflexion est la même et souvent mieux éclairée par une parfaite connaissance du terrain. Certes, l’augmentation sera faible mais la masse de contribution des usagers sera plus importante, puisque le nombre de places gratuites diminue et l’obligation de paiement augmente d’un jour avec la suppression de la gratuité le lundi.

La cour des comptes a bien montré que les partenariats publics privés sont toujours plus chers. Avec nos partenaires de gauche, nous avons pu avancer sur une politique des biens et services essentiels avec suffisamment de travaux d’expertise pour que nos propositions ne soient pas immédiatement critiquées. Notre conclusion est simple : les collectivités ont de plus en plus de capacités à concevoir et gérer les services à des coûts usagers plus justes puisque sans rémunération de capital. De plus, le contrôle public devient plus exigeant, plus transparent quand les élus en assument totalement la responsabilité.

A force de vouloir masquer la dépense publique en confiant les tâches au secteur privé, y compris désormais pour la petite enfance, l’aide au devoir, l’aide aux personnes âgées, le service coûte toujours plus cher et cela crée des exclusions de plus en plus graves. Notre société a construit en quelques décennies un modèle de solidarité, c’est ce modèle qui est détricoté petit à petit pour revenir à un archaïsme dangereux : chacun aura accès aux services en fonction de ses revenus et c’est un recul grave pour les personnes mais aussi pour nos perspectives de progrès. Aucun pays ne peut se développer avec la paupérisation croissante d’une partie toujours plus importante de la population.


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